"NAGOUAS du Sud-Ouest de France et du Chili"

 

GÉNÉALOGIE : Des liens retissés

Article paru dans Sud-Ouest. Emma Saint-Genès.

En partant à la découverte de ses ancêtres, la Landaise Christiane Vaigot a retrouvé une partie de sa famille émigrée au Chili, où elle a passé un mois


De 1977 à 2002, Christiane Vaigot a exercé son métier d'institutrice à l'école des Pins. Native de Saint-Vincent-de-Tyrosse, elle n'avait pas le temps de s'adonner à sa passion de l'histoire et de la généalogie. Un temps largement rattrapé depuis quatre ans, puisqu'à 58 ans, la Dacquoise a retrouvé une de ses branches familiales au Chili. De lointains parents chez qui elle a passé le mois de novembre dernier. « D'un petit intérêt, la généalogie est devenue pour moi une passion dévorante, s'enthousiasme l'ancien professeur. Quand on ouvre une porte, on en trouve cinquante autres derrière ! ».


Scieurs. Avant que ses recherches ne la conduisent en Amérique du sud, Christiane Vaigot s'est d'abord découvert des ancêtres venus du centre de la France, elle qui avait toujours cru être de souche lando-landaise.

Vers l'an 1750, Antoine Descoustey, scieur de long de profession, arrive du Puy-de-Dôme. « C'étaient des bûcherons qui venaient travailler dans la région pendant l'hiver, pour couper du bois destiné à la construction de bateaux, de charpentes, de tonneaux... Certains repartaient, d'autres restaient. » Le cas d'Antoine Descoustey, dont le fils, Gratian, sera maire d'Angresse au début du XIX ème siècle.

A la même époque, un autre scieur de long, Michel Parricau, natif de la Creuse, épouse la fille d'un vigneron de Moliets. Une trouvaille établie dans la lignée maternelle de Christiane Vaigot : « Toute mon enfance, j'ai entendu dire que Parricau était une déformation de Darricau, nom bien landais. Or pas du tout. Parricau est très répandu dans la Creuse ! »
Pour faire son miel, la généalogiste butine régulièrement aux Archives départementales, à la Société de Borda, et même aux archives de Pau, pour retrouver le compte-rendu du procès d'un de ses aïeux, voleur de poules !
Le hasard et les coïncidences jouent aussi un rôle dans cette histoire à rebours. Christiane Vaigot se met en quête d'informations sur son patronyme de jeune fille, Nagouas. « Ce nom est assez fréquent dans les environs de Capbreton. La présidente de la SADIPAC (1), Anne-Marie Bellenguez, savait que je travaillais dessus. Elle a reçu des documents d'une famille du Chili et m'en a avertie. »

Mimi. De l'autre côté de l'océan Atlantique, une autre femme s'est en effet aussi mise en quête de ses racines. Emiliana Nagouas Dassé, 96 ans aujourd'hui, vit au Chili, à une centaine de kilomètres au sud de la capitale Santiago. Elle est née là-bas, en 1909, de parents français. Martial Dassé, originaire de Seignosse, et Lily Nagouas, née à Capbreton. « Ils ont émigré sur les conseils d'un prêtre, pour chercher fortune ailleurs. » Martial sera contremaître d'une exploitation forestière, avant de gérer un hôtel dans une station balnéaire sur les rivages du Pacifique.
Surnommée Mimi, Emiliana est venue en France à l'âge de 17 ans, n'y a plus remis les pieds, mais parle toujours la langue de Molière. Elle s'est mise à l'informatique à 94 ans, lorsque son petit-fils, venu étudier à Madrid, lui a ramené un CD-ROM du Louvre. Elle converse aujourd'hui avec sa cousine française sur le Net. « Internet a joué un rôle très important dans cette histoire, poursuit Christiane Vaigot. C'est en octobre 2004 que j'ai été pour la première fois en contact avec Ernesto, le fils de Mimi. C'est une femme d'une générosité et d'une modernité extraordinaires. Une vedette dans son pays pour s'être mise à l'informatique à son âge. La généalogie m'a permis de tisser des liens avec cette femme qui est devenue une amie. »
Christiane Vaigot a donc passé le mois de novembre chez Ernesto, en compagnie de Mimi et d'une autre cousine retrouvée à Biarritz et embarquée dans l'aventure. Ernesto et sa famille devraient à leur tour faire le voyage en 2007. Christiane Vaigot cherche néanmoins encore le lien exact qui unit sa branche familiale à cette souche chilienne : « Il est difficile à trouver. Le berceau des Nagouas se trouve à Orx. Or il manque soixante années de registres entre 1733 et 1793. Je pense que nos ancêtres devaient être demi-frères. Une hypothèse que je cherche à vérifier. » Au fil de ses recherches, Christiane Vaigot a aussi retissé la toile qui unit des cousins qui s'ignoraient entre Saint-Vincent-de-Tyrosse, Angoulême, Biarritz et Bergerac. Une pelote qu'elle n'en finit pas de dévider...

 

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