« CABARRUS Une rue de Capbreton porte ce nom »

 

Famille CABARRUS

 

 

 

 

De gueules, au chevron d'or, accompagné. de 2 étoiles d'argent, en chef, et d'une ancre de même en pointe.

 

 

 

D'ou vient le nom Cabarrus et que signifie-t-il?  Les livres de toponymie indique pour Gabarrus le nom du Gave de Pau.

Il existe de multiples déformations de Cabarrus ou Gabarus, en "eus" ou en "ous" et on en trouve effectivement beaucoup près d'Oloron, dans le Bearn.

Cependant les Cabarrus capbretonnais disaient venir de la Navarre Espagnole. C'est aussi ce qui est indiqué sur leur acte d'anoblissement. On peut se demander si l'on peut-on attacher une foi absolue aux actes de notoriété fournis pour la circonstance et qui pouvaient être des déclarations de complaisance.

On trouve dans "Histoire et navigation à Bordeaux" un Algydisa II Caberutz (= Cabarrus ) cité en 1308  comme ancêtre des baleiniers .

D'autre part, Mme Cervera-Marzal, spécialiste des études généalogiques en Espagne, localise effectvement l'origine des Cabarrus, au XVI° siècle, dans une région de la Navarre Espagnole, très exactement à Biel où une communauté juive était très prospère et plus riche, disait-on, que tous les chanoines de Bayonne réunis ! Il y court aussi une expression pittoresque, en écho à notre "riche comme Crésus" et c'est "riche comme Cabarrus".

Il est sûr que, lorsque la famille Cabarrus apparait dans les archives de Capbreton à la fin du XVI° ou au début du 17°siècle, elle paraît aisée et prend tout de suite une implantation sociale et des responsabilités dans la paroisse.

I -Le premier Cabarrus connu à Capbreton se prénomme Jehan, C'est un  militaire, un capitaine chargé d'entraîner les gardes gramontoises casernées au Château Vieux à Bayonne. Il habite au lieu-dit Tosse à Bayonne. En 1602 il épouse Delle.Gracieuse Campet, dite Gracie, issue d'une famille de marins. Gracie Campet  était  orpheline de père. Sa mère est décédée 4 ans avant son mariage et elle-même va mourir assez vite et sans postérité (peut-être en couches ?), et sera enterrée dans l'église en 1598.  Veuf, Jean se remarie à Bayonne avec Dlle Jeanne D'Artigues une "recuisson", (terme local pour qualifier les femmes ou enfants des officiers à la Monnaie). Jehan décédera en 1618.

C'est de ce couple que descend toute la postérité connue à ce jour et leurs enfants naitront à Capbreton. 

 

II - Son fils Bernard CABARRUS, premier marin d'une longue lignée, inaugure la liste des fins tragiques puisque il est présumé mort en mer avant 1673. Il est dit aussi marchand et bourgeois de Capbreton. 

En tant que "magistrat de Capbreton", c'est à dire jurat, Bernard prend part aux décisions de la Commune.

Dans plusieurs actes il sera parrain : du fils de Jean de Veyres, avocat à la Cour de Capbreton, par exemple.
Il aura aussi l'occasion de recevoir des hôtes éminents , par exemple, le Gouverneur de Gramont, reçu à Capbreton "avec femme et enfants". Comme dans toute réception capbretonnaise digne de ce nom, on fait couler ce bon vin qui fait la réputation de la commune,  "le Vin de Sable". La dégustation fût appréciée sans doute puisque, en retour, le Gouverneur de Gramont accorde aux Capbretonnais "la gratuité au droit de planter des vignes".
Le vignoble qui s'étendait déja sur la plaine de Bouret était important et va encore prendre de l'extension. Entre autres avantages, cette culture permet de "fixer les dunes mouvantes".
Jusqu'en 1578, l'Adour, au gré des tempêtes et des mouvements du sable avait plusieurs possibilités de sortie sur la mer. Au cours du temps elle choisit Capbreton, Boucau, ou bien Port d'Albret. Une décision politique va détourner le fleuve et créer un canal vers Bayonne pour essayer d' endiguer l'Adour . Mais les règles élémentaires de l'écologie n'étant pas respectées, l'Adour tend à revenir vers son lit original. Les dunes qui bougent à chaque tempête créent des zones de stagnation des eaux jusque dans le village où elles ont beaucoup de mal à s'écouler et se corrompent.

Aussi, Capbreton est, de façon endémique, menaçé d'épidémies. Comme les autres, des femmes et des enfants Cabarrus en seront d'ailleurs victimes.

On comprend l'importance des vignobles destines à fixer les vignes et à  permettre un écoulement des eaux stabilisé. Pourtant, en 1635, la situation deviendra  de  nouveau catastrophique. Il faut demander à Bayonne la permission "d'ouvrir les sables devant la chapelle de Bouret", la chapelle des Chevaliers de Malte, "pour faire écouler les eaux qui croupissent".
Cabarrus et les autres jurats vont en délibérer dans la chambre du clocher de l'église

Bernard a épousé vers 1640 Jeanne de (S)CHERTE. Ils auront 9 enfants dont Barthelemy, Etienne et Bernard.                .

 


III 1. Barthelemy né 13 mars 1681, est décédé à Bayonne le 3 novembre 1733. Corsaire du Roi, il fait une supplique pour demander l'exemption du service de la garde quand il revient sur la terre ferme. "Je n'ai à mon domicile, dit- il, que 2 mois de résidence par an". Tout le reste de l'année il est en mer sur des navires de pêche, marchands ou au service du roi

C'est lui qui, 40 ans plus tard, vers 1720 environ, va marquer de son nom le territoire Canadien. Il baptisera Cabarrus un morceau de la côte du territoire de l'île du Cap-Breton, en Nouvelle-Ecosse, au large de l'embouchure du Saint-Laurent. Il y a maintenant là bas un lac, une baie et un petit port de pêche qui portent tous le nom de Cabarrus, devenu Gabarus. 

                 L'acte d'anoblissement que Louis XVI donnera à la famille en 1789 stipule bien que Barthelemy a laissé son nom à ce coin de terre. Mais l'a-t'il fait seulement en vertu de ses propres mérites ou plutôt en souvenir d'un de ses ancètres qui avait donné à sa découverte le nom de sa ville natale. Les Capbretonnais répètent une légende tenace qui veut que ce soient des Cabretonnais, dont un Cabarrus qui aient découvert les terres lointaines de l'Amerique, des "terres neuves" lors d'une chasse à la baleine. Ils auraient baptisé l'ile ainsi découverte du nom de leur port d'attache: Ile de Capbreton....bien sur avant que Christophe Colomb ne touchât le sol de l'Amérique.
Et cette belle histoire est tout à fait vraisemblable. On sait que lorsque Cabot découvrit cette partie de l'Amérique il trouva des lieux déjà baptisés dont CapBreton qui figure en toute lettres sur la carte qu'il a établie. L'université de Moncton signale également que le nom du Cap-Breton est le plus ancien nom français que l'on trouve sur le territoire américain. Ce qui accrédite le récit.
Barthelemy, fera une supplique pour demander l'exemption du service de la garde quand il revient sur la terre ferme. "Je n'ai à mon domicile, dit- il, que 2 mois de résidence par an". Tout le reste de l'année il est en mer sur des navires de pêche, marchands ou au service du roi .
Il a épousé le 14 janvier 1674 à Capbreton  Marie  Pinsolle , dite Marianne, fille du marin Martin Pinsolle. Ils ont eu 17 enfants, dont 13 seront encore en vie lorsque Barthélemy meurt ...en mer...en 1689. On trouve le rappel des ses honneurs funèbres sur les plaques de l'église.

De son union naquirent seize enfants, parmi lesquels :
1. - Dominique Cabarrus, qui suit, V. .
2. - Dominique Denis Cabarrus, auteur de la branche cadette qui suivra.
3. - Léon Cabarrus, né en 1719, membre de la Loge « L'Amitié » à l'Orient de Bayonne.


et sept enfants décédés en bas âge ou de destinée inconnue :
4. - Bertrand, né le 1"' février 1708.
5. - Marie, née en 1711.   = jeune
6. - Jean-Baptiste, né le 3 octobre 1712.
7. - Catherine, née en 1713. = 12 ans
8. - Autre Catherine, née en 1715.
9. - Pierre-Etienne, né en 1717.
10. - Catherine, née le 3 novembre 1720.

(les autres décèdèrent très jeunes ou à la naissance)

 
III. 2 - Bertrand CABARRUS, capitaine de navire, premier jurat de Capbreton, y décédé le 14 avril 1714, a épousé, le 22 janvier 1673, Jeanne Balanqué, qui décèdera à Capbreton le 24 décembre 1712, d'où notamment :
1. - Jeanne, née à Capbreton le 13 octobre 1673, qui y épouse le 25 novembre 1697 Jean Hirigoyen, maire et premier jurat de Biarritz. 
2. - Barthélémy Cabarrus, qui suit, IV.

 

 

(Sur les plaques de l'église de Capbreton : 1680 Bernard DESPAGNET, "tué d'un coup de canon, sur frégate l'Amazone, commandée par Bertrand de CABARRUS, capitaine, dans un combat contre un navire Hollandais").

 

 

IV. - Barthélémy CABARRUS, 

Barthélémy est décédé à Bayonne 03.11.1733.

En 1703, à 22 ans, il commandait le « Jésus-Marie-Joseph ».

Il commande un navire de traite « La Concorde de Bayonne », armé le 14.02.1709.

 Les trois bans sont publiés aux prones des messes paroissiales de Bayonne et à Capbreton. « Le curé leur a donné » la bénédiction nuptiale dans les formes présentées par le Concile de Trente.
Il était dit marchand, bourgeois, et capitaine de navire.

1713, commandant « Le Français », il dépose plainte contre Duvert, pilote, pour des avaries causées à ce navire (FF 149 1713 AD Pau)
1720 « il ne paraît pas juste que pour 2 mois de résidence que le suppliant peut faire dans une année au bout de tant de veilles, de fatigues et de dangers qu'il essuie, il soit accablé par cette surcharge de guet et de garde. D'autant qu'il a le nombre de dix enfants vivants. (EE 7 6)

Cette année là va éclater la peste. La mise en quarantaine des bateaux est impérative et durera jusqu'en 1723, date à laquelle une action de grâces sera célébrée. Il habite alors Capreton .
1722 le 28.05 Il vend des biens pour 6.000 livres à Antoine Duler, capitaine de Navire, époux de Catherine Cabarrus, habitant Capbreton :
Maisons Cabarrus, Ponteils, Dufour situées à Capbreton, la métairie Gartat à Saubion, les métairies Grans Oustau et Leshosses situées à Bénesse, quartier Dousse
Une vigne de 4 arpents dite « Pataticq » à Soorts et un arpent de terre à St Martin de Seignanx
Dès 1723 il ira s'installer à Bayonne en 1723 16 rue de Lagreou, paroisse Notre Dame, avec leurs 12 enfants. Sa femme enceinte accouchera de deux enfants en 1724 (le 15.01 et le 12.12) et mettra leur 17ème enfant au monde en 1727, descendance que l'on ne peut passer sous silence (sauf enfants morts en bas-âge)

Barthelemy commande en 1723, « Le Charles » de Bayonne.
En 1725 et années suivantes il commande « La Vierge de grâce » de Bayonne  150 tonneaux, 18 hommes lorsqu'il part pour l'Ile Royale (acte passé chez Maître Lesseps 07.05.1726 III E 3806). Il ne possédait alors que le quart de son navire (III E 3808). Il en est propriétaire à son décès en 1733.
il est en relation d'affaires continue avec des commerçants de Louisbourg.
En 1728 1729 Il fait une requête au corps de ville sur la nécessité d'améliorer la barre du Boucau


J'ai noté d'autres actes le concernant 24.05.1729: Ref III E 3812, 3814, 1730, M° Lesseps.
En 1733 il ramène une prise de course « La Sainte Monique » de Bayonne. C'est son dernier voyage !
Lorsqu'il décède de maladie à Bayonne le 3 novembre 1733, à son domicile, sa maison appelée « de Fourcade » ou « de Cabarrus), existe toujours.

V. - Dominique Eugène CABARRUS, né à Bayonne le 26 mars 1716 son parrain est Dominique du Galart, notaire royal, demeurant rue de l'argenterie et secrétaire de la ville. Sa marraine est Marie du Hagou, épouse du Sr.Arnaud de Fourcade. Absente, elle est remplacée par Delle Marie du Galart.
Il décède à Bayonne, le 9 juin 1799, bourgeois négociant et banquier, échevin de Bayonne, anobli par lettres patentes du roi Louis XVI en avril 1789, co-fondateur des Loges "La Zélée" et "Amitié" à l'orient de Bayonne. Arrêté comme girondin et détenu à Tarbes,(Hautes-Pyrénées) du 12 octobre 1793 au 4 octobre 1794.  il a épousé le 11 janvier 1752 Marie-Anne LALANNE, née le il janvier1728,
d'où six enfants, dont deux décédés jeunes, et :


1. - François Cabarrus, né à Bayonne le 15 octobre 1752,décédé à Séville (Espagne) le 27 avril 1810. S'établit à Saragosse (Espagne) où il fit ses études, fonda la banque Saint Charles à Madrid (1782).

 Il fit instituer en 1785  la Cie des Philippines et, fidèle à la tradition familiale, laisse son nom à un îlot des Philippines qui s'appelle Cabarrus. Devenu conseiller des finances,l est naturalisé espagnol en 1789. Il sera ministre plénipotentiaire au congrès de Rastadt (1797), ministre des finances du roi Joseph(1808) après l'avoir été du roi Ferdinand VII.

  

Membre de la Grande Loge Indépendante d'Espagne, dénoncé à l'Inquisition, il fut arrêté en juin 1790 et incarcéré à La Corogne. Rentré en grâce, il fut créé comte, par lettres patentes du roi Charles IV.

 

De son mariage à Valence (Espagne) le 2 octobre 1772 avec Maria Antonia Galabert (décédée à Paris le 1°'décembre 1822) sont nés :

a) Teresia, la célèbre Madame Tallien, surnommée Notre-Dame de Thermidor, née à Saint-Pierre de Caravenchel de Arriba, près de Madrid, le 31 juillet 1773, décédée au château de Chimay (Belgique) le 15 janvier 1835, elle épouse ;
1) à Paris le 21 février 1788 Jean-Jacques Devin de Fontenay (1762-1817), conseiller au parlement de Paris, dont elle divorça à Paris le 25 -avril 1793, d'où un fils, Antoine François Julien Théodore Denis Ignace (1789-
l8l5). Sans alliance ;
2) à Paris, le 26 décembre 1794, Jean Lambert Tallien, député, dont elle divorça le 3 avril1802

3) à Paris le 9 août 1805,                                  François Cabarrus peint par Goya

François Joseph Philippede Riquet de Caraman, prince de Chimay.

 

 

  

Sa postérité.

b) Théodore Cabarrus, tué durant les guerres de la Révolution.
c) Francisco Cabarrus, allié à Rom Quilti y Cologan, d'où :

-  Paola, alliée à Jacques Martinez de la Rosa.

- Dominique, comte de Cabarrus, allié à Henriette Kirpatrick, qui ont eu une fille Pauline, mariée à Fernando Angelo ....


2 - Pierre Etienne Cabarrus, qui suit, VI.
3  - Jeanne, née à Bayonne le 15 novembre 1754, épouse le  9 mai 1781 Paul Faurie, maire de Bayonne, d'où François Faurie, négociant à Bayonne.
4 - Catherine Martine, née à Bayonne le 17 novembre 1759, décédée le 25 décembre 1860 (à 101 ans !), alliée

 

1) le 22 novembre 1785 à Jean-Baptiste de Haraneder ;

2) Michel Galart,sans postérité.

 

VI. - Pierre Etienne CABARRUS, né à Bayonne le 19 octobre 1753, directeur de la Chambre de commerce de Bayonne, conseiller général des Basses-Pyrénées, épouse le il janvier 1785 Jeanne CABARRUS, sa cousine germaine, fille de Dominique Denis, et d'Anne Guilhem (voir branche cadette). De là :
1. - Théodore Cabarrus (1789-1860). Sans postérité.

                
 Les 2 autres frères du découvreur, du moins les plus représentatifs sont Etienne, Corsaire du roi qui aura 11 enfants et Bertrand, corsaire du roi avec 8 enfants, dont 5 décédés bas âge. Tous se retrouvent sur les plaques de l'église. Celles-ci racontent aussi une canonnade contre un navire hollandais en 1682. Et les archives détaillent les nombreuses prises sur les navires ennemis.
Son frère Etienne meurt à 50 ans, en mer, avec un de ses fils, autre Etienne qui en a 18. Ils périssent, nous disent les plaques, sur un vaisseau qui a coulé à fond.
                Toute la période du règne de Louis XIV se passe en grandes bataille navales dont nos marins font les frais. L'autre frère Bertrand a 76 ans quand il meurt, dans son lit, d'une crise d'apoplexie. Il était encore à cet age commandant de navire corsaire. Tous semblent jouir d'une rude santé en dépit de leur vie mouvementée.
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                Revenons aux enfants de Barthelemy,. C'est en 1752 que le 7 eme de ses enfants Dominique "dit l'ainé", pour le différencier de son frère Dominique "le jeune" se marie. Il est né à Capbreton et va fonder une maison de commerce à Bayonne. Un oncle de son épouse est armateur à Cadix et ceci va permettre aux Cabarrus de créer avec l'Espagne des biens et des échanges commerciaux de plus en plus prospères . Ces Cabarrus devaient être la terreur des mers. Ils en retirent un tel prestige qu'il a                permettre à la famille de se faire anoblir.
Arrivé pratiquement en fin de carrière a 73 ans et encore officier à cet âge sur les vaisseaux du
roi, Dominique "l'ainé" et il est anobli par lettre patente de 1789.(14.04.1789 Revue d'aquitaine T.13 1668.69) .Il y est déclaré noble et écuyer et ce titre de noblesse est valable pour "lui, ses enfants, postérité et descendants nés et à naître"..Il porte des armoiries " à l'écu de gueules à un chevron d'or, accompagné en chef de deux étoiles d'argent et en pointe d'une ancre de même".   et en pointe d'un médaillon représentant une Foi avec la légende Fides publica, le médaillon surmonté d'une ancre du troisième.
De son côté son frère Dominique "le jeune", installé à Bordeaux achète une charge de Conseiller du roi au Parlement de Toulouse et une maison "noble" à Yvrac, dès 1780
 Le vin de sable a dû couler une fois de plus pour fêter les événements et sans doute aussi le vin de Bordeaux puisque les neveux Cabarrus ont des chais et des vignobles réputés en Haut Médoc...
                Mais... nous sommes en 1789. Il devient vite plus que hasardeux de faire état de ses                titres. La particule disparait prudemment...pour n'être reprise que bien plus tard                par des descendants proches de nous.
Dominique Cabarrus "l'ainé" est négociant, échevin, Conseil de la Bourse, Président de la Chambre de Commerce et même créateur des Pompiers de Bayonne. C'est un franc-maçon convaincu, à l'origine de la première loge bayonnaise "La Zélée". Les archives nous le montrent écumant les mer. On le retrouve en Martinique, en Guadeloupe, en Maryland ou en Virginie, à une époque où les bateaux sont armés par son frère Dominique "le jeune",n armateur et négociant, rue Neuve à Bordeaux.
Celui-ci a épousé à l'église St Sulpice du Bernac entre deux mers, la Delle. Anne GUILHEM dont le père Arnaud, bourgeois et négociant de Bordeaux, possède des caféteries à Saint- Domingue.Dominique l'ainél deviendra armateur lui-même et les deux frères sont associés de fait. Dans les dossiers de L'Amirauté, on les voit très souvent se porter mutuellement "caution  bourgoise" et ils sont désignés sous le nom d'adjoints.
Ils armeront ( dit Jaupart l'historien économiste de Bayonne ) un total de 14 navires ce qui suppose une envergure commerciale puissante. Leurs bateaux partent vers des destinations diverses mais où dominent les Antilles et un trafic régulier avec Saint-Domingue. Là ils font des essais de traitedes noirs et organisent trois expéditions au moins de ce commerce.  Ces opérations commerciales négrières supposent une assise financière plus que confortable car le voyage immobilise les fonds pendant un à deux ans. C'est le principe du "Voyage Triangulaire": on part avec des pacotilles, de la poudre, des armes et de l'eau de vie. Arrivé au Golfe de Guinée on troque la marchandise contre des noirs qui serviront de main d'oeuvre dans les plantations des Antilles.On repart avec les esclaves noirs et, aux Antilles, on les échange contre de précieuses denrées coloniales,du café, de l'indigo, des bois précieux...qui chargent la cargaison du retour.

Sur le papier les calculs permettent un placement alléchant avec un rendement de 3 à 400%...


                La 1°expédition négrière Cabarrus est un fiasco, ou alors une fraude manifeste: bien qu'ayant "une procuration en règle assurant que ledit navire va traiter de nègre à "la cote orientale d'Afrique " pour les amener à St  Domingue, ils y arrivent "sans un seul nègre". Pour la 2° expédition ils transportent 190 noirs: 100 esclaves males, 25 femelles, 40 garçons et 25 fillettes. La troisième expédition est une réussite financière mais elle se situe en 1790 et la révolte des esclaves à St Domingue qui éclate en 1791 met fin au négoce du "bois d'ébène".
Dominique de Cabarrus "l'ainé" aura huit enfants dont trois décédés en bas-âge. L'un de ses fils, Pierre Etienne, propriétaire à Capbreton, sera délégué à PARIS par la municipalité de Bayonne en 1795. Là, présenté et soutenu par son neveu Tallien, il lira à la Convention un rapport concernant la déportation des Basques internés, entre autres, dans l'église de Capbreton pendant la Terreur.
Léandro Fernandes Moratin,est secrétaire des Cabarrus à Paris en 1787. Il jouera un grand rôle dans la vie de Goya. Exilé en France, il vécut à Bordeaux où il ouvre un collège. Revenu en Espagne sous Joseph Bonaparte, il devient Directeur Général d'une Bibliothèque.

                 Un autre fils de Dominique "l'ainé" est François, le père de Thérésia, un des plus célèbres personnages de la famille. Il a été immortalisé par Goya et son portrait trône aujourd'hui au siège central de la Banque Nationale d'Espagne dont il fut le fondateur. On peut admirer un autre portrait de lui presque d'égale valeur , moins connu et très proche de nous, que l'on vient de découvrir au musée Basque de Bayonne.
François est né à Bayonne le 08.10.1752 Il fût un enfant assez indomptable. Mis en pension chez les frères à Condom, il n'y travaille pas. On le met à Toulouse chez d'autres religieux d'où il s'enfuit. Il revient dans sa famille et son père décide de l'envoyer chez un ami commerçant en Espagne, Dominique Antoine Galabert, pour parfaire son étude de la langue et y faire l'apprentissage du commerce.
                La première préoccupation de notre François, jeune homme assez exalté de 18 ans, sera d'enlever la jeune fille de la maison, la  jeune Marie Antoinette Galabert, qui                en a 14 !!!
A la stupéfaction des 2 familles, ils vont se marier, les lois espagnoles étant plus libérales que les nôtres à ce sujet mais aucun membre des 2 familles n'assistera à la cérémonie du 02.12.1772 à Valence. Tout s'arrange cependant et le beau-père de François le met à la tête d'une savonnerie à Caravanchel dont il s'occupera de 1772 à 1779.. Très vite, il dit avoir davantage l'étoffe d'un financier que d'un fabriquant de savon et, avec l'aide d'un prêt de son cousin Batbedat il ouvre un établissement de crédit qu'il appelle "Banque Saint Charles".Il a fait, auparavant un voyage à Amsterdam où il a étudié le mécanisme des banques d'état.
                Il y innove un système de billet de banque original, renouvelable chaque année et portant interêt au dernier porteur. Il obtient un  succès et est amené à prêter de l'argent au Roi d'Espagne. Celui ci a d'énormes difficultés financières parce que, comme la France, l'Espagne s'épuise en opérations militaires pour aider la guerre d'Indépendance des Etats- Unis. Ainsi se crée une Banque de Madrid, approuvée par Charles IV, la Banque Saint Charles. Puis il crée la Banque Nationale d'Espagne dont il sera le directeur, aidé par les fonds de sa correspondante en France: la banque Le Couteulx. Il confie à tous les autres Cabarrus : ceux de Capbreton, ceux de Bayonne ou de Bordeaux des prospectus à distribuer, indiquant les négociants autorisés à recevoir les souscriptions à l'étranger. Ces négociants seront évidemment les Cabarrus. Il devient grand d'Espagne et Comte à la suite de l'anoblissement de son père et est nommé ministre des finances d'Espagne sous le roi Joseph, ami de sa cousine Thérésia.
                Puis François a quelques difficultés avec Mirabeau qui l'accuse de se livrer à l'agiotage et ce sera sans doute aussi une des raisons pour laquelle les Cabarrus auront tous maille à partir avec les autorités au moment de la Révolution. Le père de François, Dominique l'ainé sera incarcéré à Tarbes pendant 1 an, a 77 ans
. Sa femme doit payer aussitôt les frais d'arrestation de 350 livres avant d'être elle-même assignée à résidence avec sa belle fille Mais, après le revirement de Thermidor dont Thérésia Cabarrus sera un des éléments moteurs, tous rentreront dans leurs biens avec l'intervention de leur cousinTallien, jusqu'aux petites cuillères en argent des petits fils de Dominique le Jeune, à Bordeaux....
                Mais nous sommes en 1772 lorsque François se marie, c'est à dire loin encore des troubles révolutionnaires. François Cabarrus est peu à peu introduit dans la haute société
espagnole. Il habite le château de Caravanchel près de Madrid où il installe son épouse qui stupéfie tout le monde par les frivolités de ses toilettes tapageuses ( Thérésia aura de qui tenir).
                Comme d'autre part sa jeune épouse a trop souvent des réparties consternantes, elle  se découvre finalement assez difficile à sortir dans le monde. Le couple solutionnera ses problèmes en se séparant rapidement, de fait.
François a trouvé un protecteur en la personne du roi d'Espagne Charles III qui donne le titre de comte à François, nationalisé Espagnol bien que conservant des propriétés en France: à Doasit, à Pey et à Capbreton.
Malheureusement le monarque meurt en 1788. Une cabale s'acharne contre François. L'Inquisition l'accuse de tous les péchés capitaux et surtout d'être franc-maçon. Il passera 3 ans en prison.
Revenu en grâce et réhabilité solennellement, François pourra se venger des Inquisiteurs en faisant de leurs locaux dont ils ont été chassés le siège de la Grande Loge
                Il sera naturalisé espagnol mais continuera à faire de fréquents séjours en FRANCE et il représentera même la France au congrès de RASTTAT, ce qui donnera lieu à des jalousies et à des critiques... Il mourra le 27.04.1810 à Séville
                 Il a eu quatre enfants dont un mort en bas-âge et une petite fille Thérésia. La naissance de celle ci se passe dans des circonstances  peu communes: Sa mère, écervelée et arrivée au dernier terme de sa grossesse est en train de virevolter en Juillet 1773 au bal de l'Ambassade de France, malgré l'interdiction  de son époux à qui elle donne décidément bien du fil à retordre. Elle n'a pas le temps de regagner son château et accouche, assure la petite histoire, dans l'antichambre de l'Ambassade de France à Madrid alors que l'acte de naissance du bébé est rédigé à Saint Pierre de Caravanchel de Arriba.
                Enfant, Thérésia vient Bordeaux, à Bayonne, à Capbreton où un de ses oncles est associé dans les affaires de son père.
                On l'amène à Paris pour parfaire son éducation. Elle y apprendra entre autres le                 dessin et la peinture chez Mme VIGEE-LEBRUN. Il n'est pas impossible qu'elle y ait                 rencontré Tallien comme le disent certaines de ses bibiographies.
Quand elle arrive à Paris avec ses deux frères, elle a un peu plus de 12 ans. Jules Bertrand la décrit ainsi : "grande, élancée, souple comme un jonc, elle a un port de tête superbe, une physionomie
dégagée, un air altier qu'elle a emprunté à ses ancêtres les conquistadors". Thérésia va savoir très vite jouer de ses atouts et de ses charmes et, sans doute pour la calmer un peu et pour éviter les scandales, on lui fait épouser Jean Jacques DEVIN qui se fait appeler de Fontenay depuis que son père y a  acquis une propriété.
Son passeport le dit de taille moyenne, maigre, roux, marqué de la petite vérole. Il a 26 ans lorsqu'on le marie avec cette exubérante fillette de 14 ans en 1788. Lui s'est installé dans une vie de libertin où Therésia n'entrera pas. Les charmes personnels de l'heureux élu se composent d'un titre de Marquis, du château de Fontenay aux Roses que possède son père et de sa charge de conseiller au parlement.
Pour expliquer ce choix on ne peut plus inassorti, il faut savoir que la grand mère du marquis était une Le Coulteux, famille de riches banquiers avec lesquels le père de Thérésia est en étroite liaison pour ses affaires. C'est chez eux qu'il envoie sa famille à leur arrivée à Paris et là que s'est décidé le mariage.
                De cette union va naître Antoine Théodore de Fontenay. Le surlendemain de sa naissance c'est la réunion des Etats Généraux et, en juin, la suppression des titres et armoiries. Thérésia a 16 ans et elle n'est plus que la ci-devant Marquise de Fontenay. Le divorce sera prononcé le 5.4.1793 alors que le mari qui a repris son nom de roture et un titre de cultivateur s'embarque pour la Martinique,...? mariée en Espagne selon les lois du pays... devenu suspect pour s'être "emmarquisé". Leur mariage aura duré 5 ans.
                Suspecte elle aussi Thérésia va se réfugier à Bordeaux chez ses frères. Eux partent pour l'Espagne mais elle ne peut les y rejoindre car, sans doute sur dénonciation, elle est incarcéré à Bordeaux. Elle y sera délivrée par un Monsieur qu'elle avait connu à Paris, chez Mme VIGEE-Lebrun peut-être, et qu'elle fait appeler dans son cachot: Tallien.
                 Il la délivre et elle devient sa maîtresse. Quand Robespierre apprend la liaison de Tallien avec cette femme a qui l'on prête déjà beaucoup d'aventures galantes, il considère que c'est une conduite répréhensile et il rappelle Tallien qui remonte à Paris, à regret.                

Elle pense à regagner l'Espagne, cherche de l'aide à Capbreton. Mais les Cabarrus Capbretonnais, eux aussi sur la liste des émigrés, résident maintenant en Espagne.

                Elle fait l'erreur de remonter sur la capitale, sans doute pour rejoindre son protecteur.

Son passeport dit : Taille 5 pieds 2 pouces, cheveux noirs, yeux bruns, sourcils clairs, bouche petite, menton rond, front et nez bien faits, visage blanc et joli. C'est ien la preuve qu'elle ne passe pas inaperçue.

Arrêtée et jetée à nouveau dans un cachot, elle est condamnée à l'échafaud .

             Elle a 20 ans et elle ne veut pas mourir. Affolée, terrorisée, elle écrit en toute hâte un billet désespéré à son amant. Celui-ci est fou de chagrin et il crant aussi pour lui-même. Il va prendre tous les risques pour la sauver. Appuyant l'action souterraine de Fouché il s'en va sonner à toutes les portes, rechercher tous les mécontents, les indécis, les collabos et fomente le coup d'état du 9 Thermidor. C'est la chute de Robespierre l'ouverture des prisons et Thérésia est sauvée. Avec elle et grâce à elle des milliers de prisonniers auront sauvé leur tête.
                Coup d'état et coup d'éclat pour notre Thérésia Cabarrus qui devient pour le peuple:" Notre dame de Thermidor", celle qui a sauvé la France.

Et elle épouse Tallien à Bordeaux, le 6 nivose an III (25.12.1794), par reconnaissance, dira-t' elle plus tard.  Lui  est très amoureux, très fier de sa jeune épouse. Il n'est pas laid et ils forment un joli couple qui régnera en maître sur les frasques du Directoire.

Tallien veillera à ce que les biens confisqués à tous les Cabarrus, qu'ils soient  de Capbreton, Bayonne ou Bordeaux, leur soit restitués, jusqu'aux petites cuillères en argent des enfants de Jean-Valère Cabarrus de Bordeaux. Jean Valère qui habite la rue Saint-Dominique, dans le quartier de Tourny et il continuera à prospérer.  "En 1820, il est le premier sur la liste de la patente par le total de l'impôt acquitté, plus de 7000 francs"  le plus imposé de toute la ville

  Et le couple Tallien-Cabarrus va avoir une petite fille dont Thérésia n'a pas dû s'occuper beaucoup plus que de son fils aîné.
                Mais Thérésia se lasse de Tallien. Lorsque celui-ci accompagne en Egypte "Buonaparte", avec qui Thérésia a eu une courte idylle. A cette époque, Tallien est déjà pratiquement répudié.

 A son retour il apprend que Thérésia a été, entre autres, la maîtresse du riche vicomte de Barras.Artiste peintre et musicienne, ouverte à tous les arts et principalement celui de séduire, elle donne le ton à tous les salons mondains  Avec Barras elle a eu un enfant mort-ne ;et déjà elle se retrouve richement installée par le banquier Julien Ouvrard dans un domaine qu'il lui a offert.                Tallien est désespéré mais les armes sont trop inégales pour qu'il puisse espèrer reconquérir Thérésia. Revenu presque borgne de l'Egypte, il perd graduellement la vue,   Devenu aveugle, menant une existence de plus en plus misérable, oublié de tous même de sa fille, il ne subsistera qu'en vendant peu à peu les volumes de sa superbe bibliothèque.
                Avec Ouvrard, financier et munitionnaire général de la marine, spéculateur d'exception à la vie sentimentale ambigüe, Thérésia va trouver un train de vie à sa mesure et s'installe au N°685 de la rue de Babylone à Paris Ils ont quatre enfants en 4 ans: trois filles et un fils Edouard Cabarrus. Ces enfants seront déclarés à la naissance sous le nom de Cabarrus, de mère non mariée, alors que le divorce avec Tallien n'était pourtant pas prononcé. A la mort de leur mère, ces enfants prendront par jugement du Tribunal le nom de Tallien de Cabarrus.

 

RECONSTITUTION             
DES ACTES DE L'ÉTAT CIVIL DE PARIS
    Expédition délivrée sur papier libre, en exécution de la loi du 12 février 1872 par Me.J.E. Delapalmée Notaire à Paris soussigné, le vingt décembre mil huit cent soixante douze, d'une copie authentique d'acte de naissance annexé à la minute étant en sa possession, d'un acte de procuration reçu le quinze novembre1819 Me.Marchoux.    

PRÉFECTURE DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE
                       Ville de Paris l0ème arrondissement                    
Extrait du registre des actes de naissance de l'an huit  
Du quatorze pluviôse de l'an huit de la République Française: Acte de naissance de Clémence Isaure Thérésia née le douze du présent mois à sept heures du soir rue de  Babylone N°685, fille de Marie Jeanne Ignace Thérèse CABARRUS, propriétaire âgée de  vingt-cinq ans née à Madrid capitale de l'Espagne fille de François Cabarrus et de Marie  Antoinette Galabert suivant la déclaration du citoyen Jean Louis Baudelocque officier de santé accoucheur demeurant rue de Thionville, N°44, qui a reçu l'enfant. Premier témoin: Abraham Isaac Lemaître, âgé de vingt-ans, négociant domicilié à Paris rue de Babylone N°685(sic). Second témoin: Elisabeth Frenel, veuve Lubin. âgée de quarante- cinq ans, garde-femmes en couches, domiciliée à Paris rue des Orties N°257. Sur la réquisition a nous faite par le citoyen Baudelocque officier de santé accoucheur qui a  signé avec les témoins.   Constaté suivant la loi par moi soussigné. Signé au registre: Lemaitre, Frenel, Baudelocque et Michel officier public.
Délivré par nous greffier assermenté pour le greffier en chef du tribunal de première instance de la Seine comme dépositaire des registres de seconde minute.
            Au greffe séant au palais de justice à Paris ce six novembre 1819
  (signé) Gautier,                                               
Expédié et collationné                                                    
J.E Delapalmée                                                           

PRÉFECTURE DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE                           
SAINT GERMAIN DES PRES                                  
L'an mil huit cent vingt-deux, le douze février à Paris.                                       
Acte de mariage de Hyacinthe de Vaux, Capitaine du Sixième Régiment d'Infanterie de la Garde Royale, Chevalier de la Légion d'honneur, demeurant rue Saint Dominique n°lll, fils de Charles Alexandre de Vaux, décédé, et de Marie Anne Facini, sa veuve;
Et de Clémence Isaure Thérésia Cabarrus, demeurant rue de l'Abbaye, n°7 fille de Marie Jeanne Ignace Cabarrus et de père non dénommé.
Le Membre de la Commission.

 


J.E Delapalmée   
Le Membre de la Commission.

 


Edouard, qui sera célèbre sous le nom du docteur Edouard (Tallien de) Cabarrus, a une très forte personnalité et se trouve être un personnage très attachant. Il a été effectivement élevé avec affection par Ouvrard.

C'est l'ami de Victor HUGO, BALZAC, Alexandre DUMAS.

Il est aussi médecin de NAPOLEON III, c'est un des premiers homéopathes.

Il a épousé la soeur de Ferdinand de Lesseps (Famille avec laquelle les Cabarrus de Capbreton avaient déjà conclu des alliances et qui resteront toujours liées.)

Les liens du docteur Cabarrus avec Ouvrard ne se distendront pas non plus.

En revanche Ouvrard va se brouiller avec l'Empereur et tomber en disgrâce. Ceci ne fait pas l'affaire de Thérésia qui a tout juste 30 ans et encore beaucoup d'ambition. Elle quitte Ouvrard mais ils resteront amis puisque, très cordialement, Ouvrard va préter ses salons pour la réception qui suivra le mariage de Thérésia avec le prince héritier de Caraman- Chimay.


                Le prince est beau, très épris de Thérésia et il va braver l'opposition de sa famille devant une deshonorante mésalliance. Il faudra attendre la mort du Prince régnant pour que son fils héritier puisse épouser Thérésia, d'abord civilement puis, Tallien étant mort et le premier mariage annulé par un bref du pape Pie VII, ils auront un office religieux.

Quand le couple s'installera au château de Chimay ( Pays-Bas puis Belgique ) ce sera pour mener une vie familiale paisible. Encore 4 enfants vont naître dont une fille décédée en bas âge ( donc Thérésia aura eu 11 enfants au total de 5 pères différents ). 

Les princes de Caraman Chimay descendent du premier Cabarrus capbretonnais connu.
Les Cabarrus  originaires de Capbreton (Landes) donnent naissance à un "arbre" tentaculaire que je m'efforce de classifier. Entreprise passionnante qui nous transporte à Madrid, Washingtown, les Philippines ou la Nouvelle Ecosse...

        Une des plus célèbres figures de cette famille est Jeanne, Marie, Ignace, Thérèse Cabarrus, dite Thérésia. Lorsqu'elle épouse en troisièmes noces François Joseph Philippe RIQUET de Caraman,
elle est la "femme aux trois maris vivants". Le mariage civil a lieu le 03.08.1805 mais le mariage religieux devra attendre jusqu'en 1817. Thérésia perdra sa mère le 01.12.1822 à Paris.
François fonde en 1823 le Conservatoire de Musique de BRUXELLES. Excellent musicien et artiste, ( il était professeur de violon pour survivre en exil pendant la Révolution), il mettra lui- même en scène l'opéra "Jean de Chimay" où il chantera, de même que Thérésia.
Quatre enfants sont nés de cette union. Deux garcons et deux filles.
        Le premier, Joseph, Philippe, François de Chimay, dit" Le grand Prince",  (il mesurair plus
de deux mètres), Prince de Caraman-Chimay, est celui qui vous intéresse. Né le 20.08.1808 à
BRUXELLES il est mis en nourrice aux environs de PARIS . Il sera toujours en bonne entente avec Ouvrard et accompagnera celui-ci dans un voyage en Espagne en 1823 puis à Londres en 1828. (Pendant la liaison que Ouvrard avait eue avec Thérésia, ce dernier lui avait donné quatre enfants: les Tallien de Cabarrus). Diplomate et homme politique, il sera ambassadeur du Roi des Belges à La HAYE. Il habite en France jusqu'au décès du Prince François.
Il fut ensuite très efficace à Chimay, jusqu'à son décès en 1843.
Il avait épousé en 1830 Emilie de PELLAPRA, ('1806-1871), comtesse douairière de BRIGODE, "la veuve la plus jeune, la plus jolie et la plus riche de France". C'est la fille unique d'un marchand de LYON, fournisseur des armées de Napoléon, (on la dit être fille de Napoléon et l'Empereur mourant lui aurait fait envoyer de l'Ile d'Elbe un magnifique diamant )
.
        Ils eurent quatre enfants :
- I- Joseph (1835-1892), 16° Prince de Chimay et 2° Prince de Caraman, ministre des affairesétrangères de BELGIQUE, ami de LITZ épouse en 1857, Marie de MONTESQUIOU-FEZENSAC
(1834-1884),
excellente pianiste.
puis Mathilde de BARANDIARAN, Brésilienne (sans postérité)
        Du premier lit sont nés:
        - 1- Joseph Pierre (1858-, décédé le 25.07.1937)  Prince de RIQUET de Caraman-    Chimay,
                épouse Clara WARD, une américaine en secondes noces Gilone Le VENEUR deTILLIERES
                Descendance du 1°lit:
                - Marie (1891-1934) épouse G.de COCQ
                - Joseph (1894-1919)
                Descendance du 2°lit:
                - Joseph , né le 06.04.1921 à Chimay. Prince de Chimay et de Caraman. Il   décède àWashington le 23.06.1990, divorcé ss. postérité de Germaine VAN der   MEULEN. Après 8 ans de
Principat, il renonce à ses titres, au profit de son    cadet, le 08.02.1944, pour devenir citoyen américain.
                l part aux Etats Unis en 1945 et fait une brillante carrière d'avocat international.
                Il prend une retraite de "hippie" en Thaîlande. Là bas on ne connait que sous le                nom d'"oncle Joé" ce hippie barbu aux cheveux longs .

- Elie (1924-1976) recoit les titres de son ainé et épouse Elisabeth MANSET, actuelle Princesse de Caraman-Chimay, d'où:    

         - 1- Philippe, actuel Prince, époux de Almexandra-Anne (?) et père de Charles -Joseph et de Jean                         - Gilone                        - Alexandra
        - 2- Elisabeth (1860-1952) épouse le vicomte Henry GREFFULHE (1848-1932), (héritier  d'une fortune colossale). D'une grande beauté elle fut l'égérie du "Tout Paris"   mondain.
                 (Nous conservons à Capbreton une lettre de la princesse GREFFULHE,  écrivant le 25.05.1939 à l'une de ses "cousines" Capbretonnaise, descendante   de la famille,Cabarrus, et qui fêtait 107 ans.)

- D'où Elaine (1882-1958) fille unique, qui épouse (nov.1904) Armand de GUICHE,   futur duc de GRAMONT(fils du Duc et de  Marguerite de ROTHSCHILD).       

        - 3- Pierre (1862-1913) qui épouse Marthe WERLE (décédée en 1906)
                                en 2° noces, Jeanne Carraby, Comtesse de Dampierre    (sansposterité)
                Descendance du premier lit:
                - Jean, qui épouse Jacqueline Hennessy
                - Ghislaine, épouse Robert d'Harcourt
                - Anne Gabrielle, épouse en 1920  le prince André,Casimir Poniatowski (d'où Michel Poniatowski né le 16.05.1922).
       - 4- Ghislaine (1865-1955), Comtesse de Caraman-Chimay,( dame d'honneur de la    Reine desBelges,                          Elisabeth de Belgique).
        - 5- Geneviève (1868-1961), épouse le Général Charley Pochet le Barbier de Tinan   (décédé en 1951),(sans postérité).
        - 6- Alexandre (1871-1947), lieutenant au 7° dragons ,qui épouse H.de Brancovan                et en secondes noces G.Rutherford-Stuyvesant

                Descendance du 1°lit:  

              - Marc, (1903) .
- II- Valentine (1839-1914) épouse Paul, Eugène de Bauffremont
et en secondes noces Georges Bibesco.
        Du premier lit sont nés :
        - i- Catherine
        - 2- Jeanne
        Du 2°lit:
        - 1- Nadège, épouse le prince Stirbey
        - 2- Georges (1880-1941), épouse Marthe Lahovary, d'où postérité.
- III- Eugène, qui épouse Louise de Graffenried-Villars, d'où:
        - 1- Hélène, épouse Jean de Salis
        - 2- Miton, épouse M.Szechenyi
        - 3- Madeleine, épouse M.Hunyadi
        - 4- Philippe (né en1881-) qui épouse J.de Boisgelin.
- IV-  Une fille morte en bas-âge.
        Thérésia s'entoure d'une petite cour d'artistes et de musiciens où elle chante et joue la comédie dans un théâtre de verdure. Peu à peu les frasques du passé vont s'estomper et les princes de Chimay seront un couple exemplaire. La bonne dame de Chimay repose en Belgique dans la crypte de l'église paroissiale sous un imposant mausolée encore visible. Elle fait une belle fin.Les fantômes du passé s'éstompent mais un qui fut bien vivant, si j'ose dire, c'est le fantome du chateau de Chimay:Un militaire arborant un uniforme bleu à parements rouges, datant apparemment du XVIII°Siècle, portant peruque blanche et semblant souffrir terriblement des jambes.
La princesse de Chimay mère du Prince  actuel et sa fille ainée Gilone, ont fait de longues recherches dans leurs archives familiales et identifié un de leurs ancètres tué dans une bataille en WESTPHALIE etjeté dans une fosse commune, les deux jambes broyées par un boulet. Ses descendantes ont fait dire des messes pour le repos de son âme et depuis lors , le fantôme qu'a connu Thérésia a cessé de se manifester.
                On trouve des traces de Thérésia dans les archives Capbretonnaises lors de l'affaire   d'un legs de presbytère qui représente un dossier volumineux et elle y apparait comme héritière de son père
J'ai gardé pour la fin l'histoire de la branche américaine. Quatre frères Cabarrus qui partent défendre les territoires d'Amérique, le plus célébre sera Etienne dit Stephen Cabarrus, sans doute encore plus célèbre là bas que Thérésia enFrance. Peu de français furent aussi influents et aussi populaires que lui dans l'histoire des EtatsUnis. Ce petit fils du "découvreur" Capbretonnais de la baie Cabarrus, cousin de Thérésia est partia avec deux de ses frèrers pendant la guerre d'indépendance de l'Amérique  sur le navire "Le Fier Rodrigue" sous les ordres de l'amiral de Grasse.

La Chambre deCommerce de Bayonne nous donne la description de l'uniforme en 1782 : habit bleu doublé de même, collet et passepoil verts, boutons dorés rechargés du chiffre du roi et de la reine, poche en travers avec trois boutons sur les poches et 3 sur les manches, veste et culotte rouge, boutons de même que l'habit.
Dès 1783 il fait partie du Corps Législatif de la Caroline du nord. On y établit en son honneur en 1792 un comté de Cabarrus.

 

Porte parole de la Chambre des Communes, il siégea au Sénat et fut réélu à la Chambre des Communes à l'unanimité pour 10 mandats consécutifs jusqu'en 1804..  Il fut l'un des membres de la commission qui commença la Nouvelle ville de Washington dont une rue s'appelle Cabarrus.
Lorsqu'il meurt dans son manoir près d'Edenton en 1808 agé de 54 ans, un article nécrologique dira de lui:" Mr Cabarrus était un hommed'une Stéphen Cabarrus                     grande générosité et d'une grande élégance avec une courtoisie de manières et de savoir-vivre si caractéristique des Français"..
  Il avait rédigé son testament quelques mois plus tôt et celui-ci comporte des dizaines de pages et détaille une véritable fortune.

Il pense à chacun des membres de sa famille de Bayonne, Bordeaux, Paris. Plus près de lui...: des sommes d'argent bien sur et puis la canne à pommeau d'or, la chevalière en or porteuse du sceau, les boutons de manchettes, montres, boites à tabac le tout en or, les épingles et bagues en diamant, etc...

On comprend ce que veut dire cette fameuse expression "Riche comme Cabarrus" utilisée encore de nos jours en Espagne.

Puis les nègres sont distribués avec leur famille, le tonnelier, la couturière, la fileuse... une vingtaine d'esclaves sont  ainsi nommément désignés et légués. Il demande à ce que soient affranchis à son décès un vieux serviteur qui a été de nombreuses années à son service et à qui il lègue une somme de cent piastres, et une négresse autrefois son esclave mais depuis affranchie, pour laquelle il a visiblement une tendresse particulière, qu'il appelle Sylvie Lorient et qui, elle aussi, recevra une somme d'argent et sera libre aussitôt après son décès. Néanmoins elle devra être prise en charge et habillée par les héritiers jusqu'à ce que soit dégagé l'argent qui lui revient  Quant à tous les autres nègres de la plantation ils pourront être vendus au gré des héritiers.
Il y a encore des descendants de ces quatre Cabarrus américains aux U.S.A.


On trouve aussi des Cabarrus en grande quantité en   GUADELOUPE et, recherches faites, tous sont  descendants de la même Bibianne qui a pris un nom d'état-civil après la révolte des esclaves et qui est décédée dans sa case, aux Antilles. De la même manière, un milliardaire noir américain porterait aussi le nom de Cabarrus ! 

Il y a encore des Cabarrus aux PHILIPPINES, industriels et exploitants de mines.


La branche des Tallien de Cabarrus a encore plusieurs descendants porteurs du nom.


La branche des Cabarrus de Bordeaux a vu récemment relever le nom par la famille LOBSTEIN, dont mère est une Cabarrus et qui s'appelle maintenant  Lostein de Cabarrus, le dernier porteur du nom ayant été tué à la guerre de 40. 

En Espagne  le nom et le titre ont été relevés par un descendant d'un frère de Thérésia, du côté des  femmes.


Sur notre régions du Sud-Ouest, le patronyme a disparu mais les descendants sont nombreux et gardent jalousement le souvenir de leur appartenance à cette grande famille ou l'ont découvert grace à nos travaux.

A Bordeaux, Bayonne ou à Capbreton , à MADRID ou à WASHINTON, on s'en souvient aussi grâce à l'indication des plaques de rues qui portent ce nom.


Eleonore de Cabarrus x Arnaud-Raymond de Castelbajac ( de Louis Gaston et Mie Fse de Percin. D'où :
- Louis Gaston x 1838 Pauline de Perron d'où :
        Charles de Castelbajac x Marguerite de Founas Fabezan '?)
        Louise
        Caroline
        Léon (?)
- Charles x Léonide de Seignan de Sere, mère de l'aide de camp de Napoléon I)
- Raymond + à 29 ans
- Henri x Sidonie du Cos de la Ititte
- Gaston x Jeanne du Lin
- Roger officier
- Bernard prètre
- Bathilde x Elie de Carsalade du Pont
- Marguerite x vicomte Lambert des Granges

 

François Cabarrus et sa fille Thérésia sont deux personnages particulièrement hauts en couleurs et ils occultent quelque peu le reste de leur famille. Pourtant, les aventures de bien d'autres Cabarrus à la vie trépidante et tumultueuse, prennent aussi des figures de légende. C'est une famille exceptionnelle ...

  

Anne-Marie Bellenguez

étude faite pour le Congrès Généalogique de Bordeaux

 

 NOTES DE LECTURE :

 

- Thérésa est la cousine par alliance de Lannes maire de Capbreton (étude genealogique effectuée par A.M.Bellenguez)

- 1754-1775 Etienne BALANQUE Prêtre prébendier de Capbreton. Hérite du presbytère de Capbreton. Teste au profit des futurs prêtres de la paroisse après le décès de ses six petites nièces Cabarrus.(étude genealogique effectuée par A.M.Bellenguez)


- "Généalogie et Histoire de la Caraïbe" numéro 152. Octobre 2002 :

Un sieur CABARRUS a servi sous les ordres du marquis de BOUILLÉ, gouverneur
des Iles du Vent, qui, selon l'intendant, le président de Peynier, "en fait beaucoup de cas .Il lui avait donné plusieurs missions de confiance à la côte d'Espagne Il fut si satisfait de la manière dont il les avait remplies qu'il profita de l'occasion que lui fournit sa première conquéte pour lui procurer une place de capitaine de port" C'est donc sans doute en septembre 1778 qu'il est nommé capitaine de port à la Dominique. Le traité de Versailles, qui comporte la remise à l'Angleterre de cette Île, le prive de son emploi le 1 er janvier 1784. Le poste de capitaine de port à Tobago étant vacant, il y sera nommé.

 

 

Divers portraits de Thérésia, glanés dans son importante iconographie:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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