Histoire locale:


CAPBRETON, ÉTAPE IMPORTANTE SUR LES CHEMINS DE SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE
 


Autrefois l'Adour, fleuve fantaisiste et infidèle partageait son lit avec Bayonne et Port d'Albret, (actuel Vieux Boucau) et avait son embouchure principale à Capbreton au Bouret.


Ce port était appelé ? Boucau de Diou? (l'embouchure de Dieu), il était considéré comme le havre par excellence. En effet les navigateurs se savaient protégés par la fosse du Gouf, servant de refuge à leurs bateaux pendant les tempêtes. C'était un port important, qu'on a pu appeler la ?ville aux cent capitaines?.


De nombreux historiens affirment que les navires de nos marins hardis et aventureux partaient déjà vers les ?Terres-Neuves d'Amérique?, cent ans avant Christophe Colomb. Leurs pêches lointaines les dirigèrent vers une île qu'ils ont « découvert » à laquelle ils ont donné le nom de leur port d'attache ?Cap-Breton?, en Nouvelle-Ecosse. Ils allaient y chasser la baleine et pêcher la morue et cela, longtemps encore après le détournement de l'Adour en faveur de Bayonne en 1578.


Capbreton et Vieux Boucau étaient les seuls ports, passage obligé pour nombre de pélerins poussés par la foi, qui accomplissaient le pélerinage à Saint Jacques de Compostelle au Nord-ouest de l'Espagne. 

 

A Capbreton, les « Jacquets » affluaient par voie d'eau sur l'Adour . Ils étaient rejoints par les marcheurs qui empruntaient « lou Camin Roumiou » (la voie romaine), le bourdon à la main et la besace à la ceinture. La plupart voulaient éviter les marais qui croupissaient entre Capbreton et Bayonne, et le coupe-gorge des Pyrénées à la si mauvaise réputation. Au retour ils arboraient la coquille "de Saint Jacques le Majeur".

Mais la contrée des Landes les terrifiait, semblet'il.

Si l'on en croit le « guide du pèlerin », manuscrit du moine A.Picaud au 12èmesiècle, la traversée de notre région landaise était une rude épreuve : « il faut trois jours de grandes fatigues »... « En été, protégez soigneusement votre visage contre les mauvaises mouches, les guêpes et les taons, qui abondent dans la contrée. Il faut prendre garde aussi à bien poser son pied sur le sable... pour ne pas enfoncer jusqu'au genou ».

Les chansons dites de Saint Jacques qu'a relevé l'abbé C.Daux en 1899, dont certaines remontent au 12ème siècle, devaient égayer les pélerins pendant leur longue route pleine d'embûches.

 

  Oeuvre de Rusconi. Collection particulière. :  "la terrible traversée des Landes"

 

Heureusement, un « hospital », lieu voué au réconfort moral et spirituel, était au bout de l'étape pour  accueillir les pélerins qui partaient, ainsi que ceux qui, de retour du pèlerinage, portaient au cou l'emblématique coquille.
A Capbreton, c'était "l'hospital" des chevaliers de Saint Jean situé à côté du port, assorti d'une chapelle, érigée entre 1511 et 1539, visible sur la carte de Cassini. Cette chapelle  tomba plus tard en désuétude et l'historien Bartro signale qu'il en restait en 1829 quelques décombres près de la mer. Le souvenir de cete chapelle est actuellement conservé par une croix dite ?des Templiers?.


Dans la rue principale, au centre du bourg, se trouvait une Commanderie dont un bâtiment cité intact par Bartro en 1842  perdura jusqu'en 1920, année de sa démolition.

La mémoire locale a conservé le nom de "Templiers" à une portion de cette rue. Selon la tradition orale, des souterrains reliaient jadis cette commanderie à la chapelle du port du Bouret. Robert Charroux, écrivain et président du Club des Chercheurs des Trésors, dans son " Inventaire de deux cent cinquante plus grands trésors identifiés en France" mentionne le trésor de la commanderie des Templiers de Capbreton qu'il a catalogué sous le numéro 28. Des radiesthésistes se sont évertués à détecter ce trésor. En vain !

 Ce qui restait de la Commanderie en 1920. Collection particulière


Capbreton a conservé quelques traces historiques de son glorieux passé historiques : trois maisons à encorbellement et colombages, le clocher et la porte ogivale de l'ancienne église.
A l'intérieur de cette église de Capbreton on trouve des trésors historiques : deux crucifix de bois qui datent de l'époque de la chapelle templière, ainsi qu'une superbe Piéta du 15ème siècle. Nous devons déplorer la perte d'un fleuron de notre patrimoine, une statue de cette même époque, en bois polychromé, représentant St Nicolas, patron de la paroisse, volée en plein jour dans l'église, le 1er juin 1999.

Une des plus anciennes cloches des Landes a sonné pour les pélerins et nous la possédons encore.

Elle est nichée dans le clocheton extérieur de notre église et mérite une mention particulière. Elle a été classée monument historique le 5 juin 2002, grâce à M.Vincent Matéos, spécialiste de l'art campanaire dans les Landes qui l'a reconnue et en a déchiffré l'inscription votive. ( J'ai eu la chance de l'accompagner dans cette découverte).  Vouée à Ste Madeleine, cette cloche date de 1483 et confirme la tradition orale : elle venait de la chapelle du Bouret. "L'an MCCCCLXXXIII santa Magdalena ora pro nobis."(sic).

C'est au 12 ème siècle que l'on situe la première mention de l'Hôpital des Templiers et de la chapelle, au Bouret, dont les vestiges étaient encore visibles, dit-on, aux alentours de 1840.
En 1167 Pétrico d'Arnauld (Dompnier de Sauviac) est cité dans les chroniques d'Acqs (p.171) comme officiant à la chapelle de Capbreton « dédiée à St Jean Baptiste et à Ste Madeleine ».


Cette chapelle fut par la suite cédée à l 'Ordre de Malte (les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem) après 1312, date de la dévolution des biens du Temple.

Certains auteurs, comme Jean de la Varende dans son livre « Les gentilhommes » affirment que nos Templiers auraient eu connaissance des "Terres Neuves" bien avant leur découverte officielle.

Comment ont-ils connu ces « Terres Neuves » bien avant leur " découverte " officielle ?

Serait-ce être grâce aux récits de voyages des écumeurs des mers qu'ils recevaient au port  ?

Anne-Marie Bellenguez

 



 

9 juin 1999 ... "La revue de Gascogne" de 1879 cite l'abbé Pardiac qui a étudié l'itinéraire des "Jacquets" au Moyen-Age "Les pèlerins qui s'embarquaient pour revenir en Aquitaine débarquaient ordinairement à Capbreton ... :

Capbreton, St-Jean-de-Marsacq, Saint-Vincent- de Xaintes, Goubera, Rion, Mont -de-Marsan ... "

 


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