DUTEN Jean-Marie

 

ADISHATZ, JEAN-MARIE.


Un personnage brillant et exceptionnel, Jean-Marie Duten, vient de passer dans l'autre monde, le 28 février de cette année 2010.


Ses émouvantes funérailles dans l'église Saint Nicolas de Capbreton furent le dernier cadeau qu'un Gascon original et formidable faisait à ses nombreux amis : de l'au-delà sa voix retentissait dans l'église et, avec trois enregistrements d'un optimisme qui le caractérisait, il nous a fait partager, avec trois airs musicaux, ses émotions de mélomane éclectique. (Copie ci-dessous).


J'aurais aimé le connaître dans une des premières parties de sa vie où, pour certains, il reste encore et d'abord un musicien et un instrumentiste brillant. De cette période il nous reste, entre autres, quelque photo de nuits parisiennes entre ados, passées en compagnie de Brigitte Bardot !


Friand de musique, déchiffrant avec aisance toutes les partitions, il les accompagnait avec bonheur de sa voix chaude, ponctuant toujours le point d'orgue par un large sourire.


 

 

 

 

 

 

 

Jean-Marie Duten et Mme Bellenguez, (alors Présidente de la Sadipac).

 

Avec le mariage et les enfants, il occupe un poste d'enseignant. C'est sous cette étiquette qu'il va passer une autre partie de sa vie « aux îles » et en garder une certaine nostalgie. Peut-être est-ce là qu'il a appris à entretenir sa naturelle facilité d'adaptation, son entregent, sa joie de vivre ?
Pour ma part, c'est en tant que psychologue scolaire que je l'ai connu, au CEG de Capbreton, puis lors d'une émission de radio « deux villes sur la trois », où j'ai découvert un personnage aux connaissances époustouflantes : Tout, il savait tout sur les Landes et sur la langue gasconne.


Et il devint administrateur de la SADIPAC dont j'étais la Présidente fondatrice, et pendant 14 ans un collaborateur précieux et un ami.

Illustration de Jean-Marie où chacun reconnaîtra les acteurs de la création de la "Côte d'Argent", un des sujets pour lesquels il s'était passionné.


Il avait le don d'aborder chaque sujet de façon ludique, et il a d'ailleurs créé un jeu de «questions réponses» qui mériterait d'être édité et livré à un large public.
Erudit incontesté, il s'est consacré avec ténacité à sa passion de la connaissance des Landes. Son aisance de plume l'ayant conduit à une carrière journalistique, il la remplit avec bonheur n'hésitant devant aucun déplacement, prêt à toutes les interviews. On lui doit de nombreux exposés dans les sociétés dites « savantes », sur les découvertes inédites qu'il multiplia sur la région.


Gascon authentique, bon vivant, gastronome de bon conseil, c'était aussi un poète gasconisant de talent. Nombreux sont ses prix obtenus à des jeux floraux, et il nous régalait toujours de nouvelles oeuvres plaisantes et talentueuses.


J'ai gardé le souvenir heureux d'une évocation théâtrale du personnage de Mathias Morhardt et de ses rapports avec Camille Claudel mise en scène en avril 1999 par le regretté Guy Rannou, et réalisée à la Médiathèque Municipale de Capbreton. Guy Rannou  y évoquait le personnage de Mathias Morhardt. Jean-Marie Duten jouait le personnage de Paul Claudel et moi-même celui de Camille Claudel.


 

 

 

 

Jean-Marie Duten narrant les péripéties de l'installation de la gare de Capbreton.

  

On ne peut passer sous silence son talent de dessinateur caricaturiste où, avec un oeil et une adresse stupéfiante il donnait, avec humour, libre cours à son esprit caustique, se voulant irrespectueux de tout, sans méchanceté aucune? et il ne m'a pas épargnée ! 


J'ai conscience de n'avoir qu'effleuré les multiples facettes de ce grand bonhomme modeste à la sensibilité vibrante, toujours disponible aux autres, grand père heureux. C'était un honneur de pouvoir compter sur son amitié.
Pour tout, merci Jean-Marie. Adishatz ? 
                                                              Anne-Marie Bellenguez.

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Funérailles de Jean-Marie en l'église Saint-Nicolas de Capbreton le 03.03.2010.

ENTRÉE

Chers amis,

C'est sans doute la dernière fois que nous nous trouvons réunis. A ceci près que vous êtes vivants, alors que moi j'ai terminé le voyage de la vie. 

Pour nous rapprocher une dernière fois, j'ai choisi le langage de la musique. Pourquoi ?
Parce que c'est un moyen d'expression qui se moque de la vie et de la mort ; qui fait que, plusieurs siècles après, nous pouvons communiquer émotionnellement avec Mozart ou Beethoven. Enfin, c'est un moyen d'expression qui passe largement au-dessus de ce qui constitue l'essentiel de notre vie: petits tracas, problèmes matériels, conflits entre individus.
Plus que la peinture, la musique est pour moi le moyen ultime d'arriver à une sérénité, un apaisement du corps et de l'esprit. Et si ce sentiment est éprouvé par plusieurs d'entre vous, alors nous communiquons ensemble par le biais de quelques notes en harmonie.
Je voudrais que nous partagions une mélodie du Modem Jazz Quartet : Django, qui évoque le célèbre guitariste. Écoutez-la avec moi et vous ressentirez une sensation de paix, de détente et de bonheur que nous allons partager ensemble.
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DERNIER ADIEU (extrait du Requiem de Gabriel Fauré)
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Je voudrais avant tout que vous n'éprouviez pas de tristesse à l'idée de la mort. C'est une étape à laquelle chacun d'entre nous doit simplement se résigner. Elle intervient comme la fin d'un jeu, la fin d'une histoire arrivée à quelqu'un, quelque part sur la terre.

Cette histoire, c'est la vie, la plus belle des aventures qui pouvait nous arriver. La merveilleuse histoire: avec ses rencontres, ses plaisirs, ses joies, avec aussi -il est vrai -des soucis, des moments douloureux. Mais, dans l'ensemble, une période positive, terriblement courte lorsqu'on fait le bilan. ,
La mort intervient comme un rideau qui se tire, la fin d'une histoire. Du coup, elle nous libère des soucis de la vie, mais elle nous fait regretter les bons moments.
Partageons ensemble ce Libera me, extrait du Requiem de Fauré. Libera me : je suis libre !
Et cette musique est encore une fois un moment parfait de sérénité et d'apaisement.
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SORTIE


Et voilà : toute vie a une fin.  J'ai rempli la mienne à ma façon. Vous faites de même avec la vôtre. Je ne souhaite pas faire un bilan de la mienne. Je me suis exprimé en musique; et, comme chacun sait, les notes se dispersent avec le vent...
Nous allons maintenant nous séparer. Vous allez retrouver la vie avec ses hauts et ses bas. Moi, je vais entrer dans la nuit silencieuse, calme et heureuse car faite de paix et de sérénité.
Dans une dernière communion, je vous invite à partager ensemble cette belle mélodie Silent night, holy night chantée par Manhattan Transfert.


Au revoir mes amis.                                                            

                                     Jean-Marie Duten (30 mars 1937 -28 février 2010)

 

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Mercredi 3 Mars 2010.
Allocation aux obsèques de Jean-Marie DUTEN                                              
JP.Dufau, Député Maire de Capbreton

Au tenue d'une longue maladie, l'état de santé de Jean-Marie Duten s'était aggravé ces dernières semaines. Il nous a quittés à l'aube de ses 73 ans et demeure aujourd'hui en paix. Homme de c?ur aux multiples facettes, prototype gascon alliant l'esprit à la faconde, convivial à souhait mais aussi lucide sur le monde qui l'entourait, Jean-Marie ne laissait pas indifférent. Il restera présent dans notre souvenir, dans nos mémoires et dans nos c?urs.

J'évoquerai brièvement sa vie professionnelle et familiale, j'évoquerai aussi l'homme protée dont les divers talents suscitaient l'admiration et tissaient les liens d'amitié.

Né à Dax en 1937, le 30 mars, il fera ses études à la Sup avant d'intégrer l'Ecole Nonuale en 1958. Son premier poste d'instituteur (Régent) le conduira à Parentis où il rencontrera Liliane, sa future femme. Comme ceux de sa génération il co1}llaîtra la guerre d'Algérie. Terrible épreuve pour ce jeune pacifiste. C'est au retour de cette guerre qu'il épouse Liliane en 1963 et trois enfants naîtront de cette union: Lise, François et Cécile. Jean-Marie devient psychologue scolaire et installe sa famille à Capbreton qui sera son port d'attache. La famille connaîtra une escapade polynésienne de 1981 à 1985. La période Gauguin de Jean-Marie en somme, qui termine sa carrière professionnelle à St-Martin-de-Seignanx.

Lui qui aimait son métier et possédait le sens du service public pourra se consacrer à sa famille et plus si affinités.
« Acabat d'esta Ryentot
De you qu'en heyt un papinot »,
écrivait Yan du Gouf, poète gascon. '(A la retraite je suis devenu grand-père ).
Jean-Marie peut donc consacrer du temps à sa famille et à ses petits enfants pour le plus grand bonheur de tous. Sa bonhommie, sa gentillesse, son humour et sa joie de vivre font merveille. Homme simple, il aimait les joies simples, les moments privilégiés de complicité, en famille, avec les siens. ..
Comme si les fées s'étaient penchées sur son berceau, Jean-Marie avait hérité de multiples talents. Tout d'abord le don de l'écriture. Il a beaucoup écrit dans sa vie: chroniques d'histoire locale, biographies, poèmes. ..
Il fut un correspondant Sud-Ouest particulier, parfois atypique. Le port de Capbreton le passionnait et lui inspirait parfois des canulars qu'il réservait au 1er Avril. Avec son compère Pierre Letessier, Capbreton possédait un duo de choc, plein d'humour et de fantaisie. Je les avais amicalement surnommés « Les Muppet show » et c'est vrai que leurs commentaires sur les événements ou les indiscrétions de la Cité marine ne manquaient pas de sel. Ils étaient drôles et sans concession. Pierre, plus que tout autre va se sentir orphelin.
Jean-Marie s'est aussi consacré à la Société de Borda, la Sadipac ou Mémoire-Vive, aux amis du lac d'Hossegor, bref à toute société savante éprise comme lui d'histoire et d'anecdotes locales. Sans oublier la défense de la langue gasconne qu'il possédait et écrivait comme personne. Un gascon « Cap et tout » fait de charme, de finesse et d'esprit.
Mais, quand on est Dacquois et qu'on possédait le sens de la musique on joue à l'Harmonie de la Nèhe. C'est ce que Jean-Marie fera pendant 2 ans à l'accordéon, la flute, la contrebasse puis l'orgue. Son amour du jazz était connu de tous. Je me rappelle certaines soirées à la Biguerie où Jean-Marie au piano et à la voix faisait fureur. Avec toute l'équipe « des copains d'abord ».
Tel était Jean-Marie dont la forte personnalité ne peut être résumée en quelques minutes. C'était véritablement un personnage au regard tendre et malicieux, au rire communicatif.
Je n'oublierai jamais son sourire quand il guettait votre réaction en vous tendant un papier sur lequel il avait griffonné un dessin humoristique. Toujours drôle, jamais vulgaire. Il attendait votre réaction, c'était sa récompense.
Nous avons perdu un ami rare. Sa famille est à la peine qui vient de perdre son capitaine et référent.
Nous garderons Jean-Marie présent dans nos c?urs et nos mémoires.

Au nom de la population capbretonnaise, j'adresse à Liliane, Lise, François, Cécile, leurs conjoints et enfants, l'expression de nos sincères et amicales condoléances.
A toi, Jean- Marie, j'adresse un dernier « adichats et an rebede » .

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Voici l'article qu'a consacré le journal Sud-Ouest à son correspondant :

 CAPBRETON

Adishats Jean-Marie

Connu, entre autres, pour ses facéties, Jean-Marie Duten, notre correspondant décédé dimanche à l'âge de 72 ans, n'aura pas manqué l'occasion de saluer ses proches à sa manière. Hier matin, lors de ses obsèques célébrées par Mgr Bernard Dubasque, en l'église Saint-Nicolas de Capbreton, sa famille et ses amis ont en effet découvert son dernier clin d'oeil : trois messages audio enregistrés en secret en juillet dernier. Un ultime sourire saisi de son vivant qu'il destinait spécialement à cet instant difficile : celui de ses funérailles.

Trois messages qui ont donc rythmé toute la cérémonie. Et dans lesquels Jean-Marie évoque simplement sa « sérénité » et son « apaisement ». « Je voudrais que vous n'éprouviez pas de tristesse à l'idée de la mort, expliquait-il. C'est la fin d'un jeu, d'une histoire. » Des propos réconfortants qu'il a choisi d'accompagner, là encore à sa manière, de quelques notes de musique, l'une de ses nombreuses passions. Du jazz bien sûr. Mais aussi un Requiem de Fauré. La musique, disait-il, dans son message hier : « C'est un moyen d'expression qui se moque de la vie et de la mort ; qui fait que, plusieurs siècles après, nous pouvons communiquer émotionnellement avec Mozart ou Beethoven. Enfin, c'est un moyen d'expression qui passe largement au-dessus de ce qui constitue l'essentiel de notre vie : petits tracas, problèmes matériels, conflits entre individus. »

Féru de culture

On le sait, l'homme était mélomane. Mais surtout un féru de culture au sens large. Accordéoniste et contrebassiste durant 20 ans au sein de l'Harmonie de la Néhe, l'histoire locale l'animait également, tout comme la peinture, l'écriture ou le dessin. De « multiples facettes » saluées par Jean-Pierre Dufau, le député-maire de Capbreton : « Je n'oublierai jamais son sourire quand il guettait votre réaction en vous tendant un papier sur lequel il avait griffonné un dessin humoristique. Toujours drôle, jamais vulgaire. »

Jean-Marie Duten était entré au journal « Sud Ouest » comme correspondant en 1998. Ancien instituteur, devenu psychologue scolaire, il gardait une affection toute particulière pour le gascon. « Une langue qu'il écrivait et parlait comme personne », se rappelle Jean-Pierre Dufau.

Jean-Marie Duten a été incinéré à l'issue de la cérémonie. « Sud Ouest » présente à son épouse Liliane et à ses enfants ses sincères condoléances.

                                                                                                                    Auteur : J. D

Sud-Ouest du jeudi 04 mars 2010

 

 


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